Le lycée encore à l’étape du développement

L’éducation en RA est l’un des domaines stratégiques. L’amélioration continue de la qualité de l’éducation, la conformité aux critères internationaux, ainsi que l’intégration au système éducatif international font partie de la politique d’Etat. [Loi de la RA « Sur l’enseignement général », article 5].

Conformément aux exigences de la loi « Sur l’éducation » de la RA, l’enseignement secondaire général à la RA est actuellement mis en œuvre dans une école à trois niveaux, d’une durée totale de 12 ans. L’école primaire comprend les années 1-4, l’intermédiaire les 5-9 et le lycée les 10-12. [La loi « Sur l’éducation » de la RA, article 18n]. Les deux premiers degrés de l’école secondaire générale forment l’école principale, ce qui est obligatoire selon la décision du 27 mars 2008,  contrairement au lycée, où les études sont gratuites mais pas obligatoires. À partir du mois de septembre 2017 l’enseignement de 12 ans est aussi annoncé obligatoire, il a même été annoncé sur l’investissement d’un système de découverte des enfants laissés sans éducation.[i]

Ainsi, presque  10 ans ont passés depuis le 21 mars 2008, ou le gouvernement de la RA a validé[ii] « Le projet stratégique de la création du système des lycées ». Il est contestable si cette période est longue ou courte pour une telle réforme éducative. Cependant, le fait, que les opinions sur le lycée sont mutuellement exclusifs, est indéniable. Beaucoup le considèrent entièrement défaillant, certains, en phase de formation. L’adoption de l’expérience internationale, en ce qui concerne le lycée, a rencontré plusieurs problèmes dans notre pays, et les lacunes des lycées actuels de la RA sont importantes. Essayons de comprendre quelle est la mission du lycée, était-il prêt notre pays pour l’investissement d’un système pareil, sommes-nous défaillant ou sommes-nous en phase de formation ?

La mission du lycée

Après le sommet de Bergen de 2005 l’Arménie est devenue officiellement un pays membre du processus de Bologne. Dans le contexte du processus de Bologne une transition a été faite vers l’enseignement de 12 ans, dont la direction clé était la création du lycée avec une durée d’études de 3 ans, y compris les formes et les principes de la création des lycées. Les réformes institutionnelles des lycées poursuivent les objectifs suivants :

  • améliorer la qualité de l’enseignement au lycée,
  • créer pour les écoliers du choix d’orientations scolaires, y compris une possibilité du choix d’enseignement professionnel initial. Ainsi, rendre plus flexible le programme éducatif du lycée, en créant des opportunités pour répondre aux besoins et préférences des écoliers,
  • parfaire le système institutionnel des lycées, en contribuant à l’efficacité de l’enseignement général.

Étant une partie composante du système de l’enseignement général, la vocation du lycée est de s’assurer que les diplômés soient prêts à la vie indépendante et d’être en même temps une chaîne intermédiaire entre l’enseignement général et l’enseignement professionnel.

Le lycée en tant que lycée d’enseignement préprofessionnel

Le lycée est une chaîne fournissant un enseignement préprofessionnel, ce qui implique,  qu’après l’école principale l’élève doit avoir une certaine orientation professionnelle. À cette fin, le lycée envisage une formation selon les parcours. Ce dernier donne la possibilité d’étudier les disciplines préférées plus profondément et avec plus grand nombre d’heures. Mais, il y a un fait, qui est négligé, c’est qu’à cet âge ce ne sont pas tous les enfants qui sont orientés en ce qui concerne leur profession. En conséquence, ils choisissent des parcours, en partant de la perspective des professions, soi-disant, « prestigieuses » ou ils sont dirigés  par le souhait des parents et/ou font leur choix par le principe du hasard. Dans les lycées, si nécessaire, on dispense aussi des cours généraux, mais ce n’est pas une solution. L’orientation professionnelle à l’adolescence implique que l’élève doit être assez informé sur les différents domaines, connaitre les besoins du marché du travail et d’évaluer correctement ses capacités.

Ce n’est pas toujours que l’élève est capable de le faire tout seul, et souvent l’aide des parents n’est pas suffisant aussi. Par conséquent, le lycée a besoin d’un expert spécial pour l’accomplissement de sa mission d’assurer l’orientation professionnelle. Le système du lycée permet aux élèves d’aller d’un groupe à l’autre pendant les 1,5 premières années, mais lors de leur deuxième année d’études, de changer seulement de sous-groupe. Mais cela n’empêche pas, que beaucoup d’élèves changent de quelques groupes durant leurs études et ne trouvent pas ce qui leur convient. Ainsi, même dans le cas d’une telle flexibilité du lycée, le besoin de  l’accompagnement de l’expert spécial se fait sentir.

Pour l’orientation professionnelle, les lycées actuels peuvent appliquer des options plus simples. Si les élèves ont des intérêts dans une profession, on leur demande de l’étudier en profondeur, son besoin, l’histoire du progrès professionnel des gens ayant réussi dans cette profession etc.. De nos jours, les établissements d’enseignent supérieur aussi ont des programmes tactiques intéressants, qui orientent les élèves, dans une certaine mesure. Elles sont répandues, les visites des représentants de différentes facultés des universités aux lycées, pour présenter l’établissement d’enseignent supérieur, la faculté, la profession.

Les programmes susmentionnés sont nécessaires aussi  pour les élèves qui ont choisi leurs professions. Le rôle du lycée ne peut pas être réduit et limité par la seule fonction de préparation au concours d’entrée (une question se pose sur son efficacité). Le problème du lycée est plus profond et à multiples facettes.

Le lycée n’accomplit pas non plus sa mission de préparation au concours d’entrée, dont la preuve est l’institut de répétiteurs très populaire de nos jours. Elle est mise en cause l’efficacité des études selon les parcours. Conformément à la décision de 2017 du ministre de l’Éducation et de la Science, au deuxième semestre de la 12ème année, les élèves n’étudieront que les disciplines dont ils ont des examens à passer.[iii]

La question qui se pose est de savoir s’il est correct d’adapter, en permanence, le niveau général d’enseignement aux examens. Cette adaptation augmentera-t-elle le niveau d’éducation ? Le lycée peut enseigner le matériel d’examens pendant les trois années consécutives, mais résolvons-nous, ainsi, le problème éducatif ?

Afin de se préparer au concours d’entrée, l’élève ne fréquente presque pas le lycée, il s’en éloigne, alors que cela devrait renforcer davantage leur lien. En fait, au lieu de lutter contre les répétiteurs, il faut essayer de ramener l’élève à l’école. Tant qu’il existe un examen d’entrée distinct pour l’université, dont la base est le contenu du manuel pour la préparation au concours d’entrée (chtemaran), le problème du répétiteur ne disparaîtra pas. Il est nécessaire de trouver une alternative aux examens d’entrée ou à l’admission à l’université. Dans le cadre du processus de Bologne « Le programme du développement de l’éducation 2030 » prévoit l’introduction d’un système de crédit dans l’école professionnelle, ainsi que dans le lycée et dans le domaine de l’enseignement complémentaire. [« Le programme du développement de l’éducation 2030 », article 20, partie 1]. Cela peut faire de gros changements dans le domaine.

Les critères de sélection des lycées

À l’époque de Levon Mkrtchyan, où « le programme stratégique de la création du système des lycées » a été validé, ont été présentés les critères de sélection des lycées. C’étaient :

  • emplacement géographique de l’école, niveau d’accessibilité,
  • état du bâtiment scolaire, conditions,
  • équipement scolaire,
  • professionnalisme des cadres.

On n’a pas réussi de résoudre le problème de  l’accessibilité de l’école, dans les certaines régions. Dans les régions où il n’existait qu’une seule école secondaire, celle-ci a continué de fonctionner, selon le même ordre, en réalisant le programme éducatif du parcours général du lycée. L’état du bâtiment n’a pas toujours été pris en compte. Peut-être que ce problème est subordonné aux problèmes liés au niveau de l’éducation, mais c’est l’une des conditions importantes pour pouvoir assurer un enseignement suffisant. Le programme mettait également l’accent sur la question de la mise à disposition des lycées du matériel et de l’équipement nécessaires, ce qui n’a pas non plus été réalisé dans tous les lycées, comme il le fallait. Peut-être, la pierre angulaire de l’efficacité du lycée devrait être le personnel pédagogique de haute qualité. On supposait que les enseignants du lycée, surtout ceux qui assuraient les cours de spécialité, auraient une haute qualification. Le personnel pédagogique du lycée devrait être recruté par voie de concours. Cela impliquait un réarrangement et une réorganisation de tout le système de ressources humaines. Tout le système du personnel du lycée devrait être dissous et formé à nouveau. C’était un grave problème social et n’a pas été réalisé en grande partie. Selon le projet, 150 lycées devraient être créés, mais leur nombre n’est même pas de 110, aujourd’hui. Une amélioration des conditions des bâtiments des écoles secondaires, des rénovations, un fournissement du matériel et de l’équipement nécessaires, une solution du problème de transport, une formation du personnel pédagogique qualifié sont prévus dans le cadre du « Programme du développement de l’éducation 2030 ». [« Programme du développement de l’éducation 2030 », article 20, partie 2; article 24, partie 6; article 20, partie 3].

Projets subventionnés

En Arménie, la principale raison des difficultés du lycée est l’absence ou l’insuffisance des moyens. En 1998-2002, le programme de réformes de « Financement et gestion de l’éducation » a été mis en œuvre, dont le problème était d’assurer l’augmentation du financement du système d’enseignement général et des salaires des enseignants, l’augmentation de l’efficacité de l’utilisation des moyens, la démocratisation des moyens ainsi que l’amélioration de la gestion en milieu scolaire. Ensuite, la Banque mondiale a accordé plusieurs prêts à l’Arménie pour les réformes du système éducatif. Depuis 2004, 88 millions de dollars ont été déjà fournis par 3 programmes de prêt.[iv]

  1. « Qualité de l’éducation et pertinence », le premier projet de crédit, en 2003-2009. Il comprenait 4 sous-projets visant à développer l’enseignement général. C’était de 20 millions de dollars.
  2. « Qualité de l’éducation et pertinence », le deuxième projet de crédit, en 2009-2014. L’objectif était de diriger le développement du système éducatif de la République d’Arménie vers les besoins de l’économie basée sur les connaissances, en assurant l’augmentation de la qualité de l’enseignement général et de l’enseignement professionnel supérieur correspondant aux besoins socio-économiques de la société. Le montant du prêt était de 31,5 millions de dollars.
  3. « Amélioration de l’éducation », le programme en cours, en 2014-2019. L’objectif est d’améliorer la qualité de l’enseignement général, notamment par la rénovation de 17 lycées. Le montant du prêt était de 36,5 millions de dollars.[v]

Sont-ils peu ou beaucoup ces moyens, de quelle manière ont-ils été dépensés ? C’est un sujet pour une autre analyse. Le fait est que les objectifs du fournissement de ces moyens ont été partiellement mis en œuvre et aucun résultat n’est perceptible en ce sens.

Parallèles entre les lycées d’enseignement général et privés

Actuellement, à côté des lycées il y a aussi des lycées privés qui fonctionnent dans la république (Lycée « Ayb », complexe éducatif Mkhitar Sebastatsi, etc.), qui ont enregistré de grands succès. Peut-être, ce ne sera pas juste d’imposer aux lycées d’enseignement général les mêmes problèmes, qu’aux lycées privés, bénéficiant d’un financement important et touchant des frais de scolarité des élèves. Néanmoins, certains parallèles peuvent aider à comprendre quelle est la garantie du succès des lycées privés, et leur expérience peut devenir une bonne source pour l’augmentation de l’efficacité de l’enseignement général. Les lycées privés ont des examens d’entrée spéciaux et nécessitent, donc, un certain niveau de connaissances et d’état de préparation. Par contre, pour l’admission au lycée d’enseignement général, seul le certificat de fin d’études de 9ème année est suffisant. Cela suppose déjà le niveau d’enseignement élevé des lycées privées, le niveau de conscience considérable des élèves. En bref, celui, qui vient ici, sait beaucoup de ce qu’il veut. Les frais payés par l’élève augmentent à leur tour la responsabilité. Tandis que les lycées d’enseignement généraux sont obligés d’éduquer tout le monde, par conséquent, en raison de l’accessibilité ils commencent à perdre leur valeur aux yeux de beaucoup.

Les lycées d’enseignement général n’ont pas de programme éducatif, en tant que tel. En fait, le matériel d’études des années 10-12 est la répétition de ce qui a été passé les années précédentes. Ceci n’a aucun intérêt pour l’élève, qui est fatigué d’apprendre la même chose. Et les lycées privés ont un programme éducatif spécialement conçu. Le lycée « Ayb » a réussi, en posant devant soi le problème de prendre les meilleurs programmes éducatifs des meilleurs systèmes éducatifs et de les combiner en une image complète. Ici les projets sont établis selon « La théorie sur les intelligences multiples » d’Howard Gardner, en tenant compte des particularités de chaque élève.[vi] Dans les lycées privés une plus grande attention est accordée au potentiel et à la particularité de l’élève, un programme d’études individuel est composé pour l’élève. Si le lycée d’enseignement général est devenu aujourd’hui un tube étroit vers l’université, où le nombre des disciplines diminue, année après année, en se résumant dans les trois principales disciplines requises pour les examens d’entrée, les lycées privés, en ayant d’autres disciplines (n’importe quelle branche de l’art) à côté des disciplines exigeants un apprentissage approfondi, n’échouent pas dans les études de leurs principales disciplines. En parlant des programmes des lycées, il est nécessaire de se référer au programme du Baccalauréat Araratian (Araratian Baccalaureate). C’est un programme d’enseignement général en arménien reconnu internationalement, prévu pour les écoles de l’Arménie, de l’Artsakh et de la diaspora.

Le programme a été écrit par le la fondation éducative « Ayb », reconçu dans le cadre du                    « Programme national de l’excellence de l’éducation (PNEE/ ԿԳԱԾ) ». En 2015, « Ayb » était le premier lycée où le BA (ԱԲ) a été investi. En 2016, le gouvernement de la République d’Arménie a approuvé le BA (ԱԲ) en tant que programme d’enseignement général d’Etat en Arménie.[vii]  Ce programme, destiné uniquement pour être enseigné et examiné en arménien, a été reconnu comme équivalant aux GCE A Level et Advanced Placement. Actuellement, on a démarré la participation des écoles des régions à ce programme. Le BA (ԱԲ) vient pour créer une nouvelle qualité d’enseignement général, pour former des individus polyvalents et spirituellement riches.

Les conditions du bâtiment des lycées privées sont non seulement comfortables mais donnent aussi de la motivation, de la confiance en soi, de la foi en leurs propres forces aux élèves. Le personnel spécialement sélectionné des lycées privés se distingue par ses qualités pédagogiques, sa créativité. Contrairement aux lycées privés, les lycées d’enseignement général ont moins d’opportunités des activités parascolaires, des visites aux divers sites liés au processus éducatif, des rencontres avec des personnes célèbres,  de la motivation. Aujourd’hui, les lycées privés considèrent comme un facteur important la conscience des élèves que l’éducation est la valeur la plus élevée.

Dans notre pays le lycée, malgré quelques succès, reste incomplet. En fait, le lycée est une excellente idée dans le système éducatif, mais il est tombé dans une impasse en Arménie. Dans le système éducatif notre pays est un pays qui suit l’exemple des autres. En regardant les pays à l’avant-garde nous nous guidons par leur expérience réussie, négligeant nos opportunités et nos problèmes. En conséquence, le travail commencé reste inachevé. Il est nécessaire de faire correctement les calculs financiers et sociaux, de comprendre précisément à quel point nous sommes prêts pour le nouveau projet, quels sont les risques. Pour comprendre dans quelle mesure le projet est réalisable, une étape préliminaire est nécessaire.

Le problème du lycée, étant un élément composant du secteur de l’éducation, est, actuellement, l’une des priorités pour le Ministère de l’Éducation et de la Science. Par « Le programme du développement de l’éducation 2030 » de nouvelles réformes sont prévues dans le système éducatif, y compris dans les lycées. Le lycée est encore dans l’étape de développement en Arménie. En tant qu’une chaîne assurant une éducation préprofessionnelle, il a besoin d’une attitude cohérente.

 

Auteur : Anahit Karapetyan. © Tous droits réservés.

Traduit par Olya Harutyunyan.

 

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