La Turquie et l’organisation de la collaboration islamique: Partie 2

L’accroissement du rôle de la Turquie dans l’OCI

En 2002 au résultat des élections proportionnelles parlementaires le parti «La justice et le développement» qui était nouvellement crée et qui était séparé du parti du Bien-être, est arrivé au pouvoir, dont les fondateurs étaient Abdullah Gül et Recep Tayyip Erdoğan. Les regards de ces personnalités qui avaient déjà passé l’école idéologique de l’islam ont influencé sur la politique extérieure et intérieure de la Turquie, ce qui a poussé les analystes dire que la Turquie s’éloigne graduellement de l’Occident et s’approche de l’Orient.

Acceptant ce point de vue il faut constater que l’éboulement du système mondial bipolaire et la suppression de la menace soviétique ont donné la possibilité à la Turquie de refuser de ses possibilités limitées dans les relations avec les pays de l’Occident et de trouver des vecteurs alternatifs en la personne du monde islamique. Le politologue Sami Cohen indique que la Turquie a commencé à se guider sur ses propres intérêts nationaux. Essayons de séparer les buts les plus visibles de ses intérêts que poursuivaient la Turquie en réalisant sa politique extérieure, y compris dans son activité dans les cadres de l’OCI.

  1. Néo-ottomanisme

  2. «Un pont» entre l’Occident et l’Orient

  3. Rassemblement du monde musulman sous la direction de la Turquie.

Plusieurs experts appellent la nouvelle idéologie politique remontante à la République de la Turquie au 21é siècle «néo-ottomanisme» qui suppose la restitution de l’influence turque dans les régions anciennement sous la domination de l’Empire Ottomane. On peut trouver une remarque intéressante à ce propos chez Kémal Ozturk, analyste et journaliste turc. Dans son analyse «Est-ce que la Turquie rêve au néoosmanisme?» il reprend les changements de la politique extérieure, indiquant qu’Erdoğan dans ses discours excite les sentiments néo-ottomans de la société et fait appel à restituer le pont avec l’Empire Ottomane. Il est remarquable qu’Erdoğan a mis en pratique une tradition selon laquelle l’escorte présidentielle devrait être composée de 16 personnes qui symbolisent les soldats de toutes les 16 empires crées pendant l’histoire de la Turquie. Ces soldats, étant toujours présents aux manifestations du palais présidentiel, reflètent l’expérience de la restitution du pont avec le passé et de la réconciliation avec l’histoire de la Turquie.

15 ans auparavant quand Abdullah Gül était membre du Parti du Bien-être («Rafah») il avait avoué à un journaliste américain que son rêve est de créer une association des pays dans les cadres de laquelle la Turquie pourra unir l’Europe avec le monde islamiquei.

Erdoğan a développé cette idée de Gül pendant le congrès de l’OCI en 2004. D’après lui le déplacement des priorités géopolitiques vers le Proche-Orient permet à la Turquie de jouer un rôle du «pont» entre l’Occident et l’Orient, grâce à sa position géographique exceptionnelle et à son expérience historique, de devenir «un tampon» politique, économique et culturel, un facteur de la stabilité dans la région. Selon Erdoğan la Turquie est un pays qui peut apporter la culture «de la réconciliation et de l’intermédiation honnête» pour d’autres pays de la régionii.

A première vue cette manière d’agir de la Turquie était profitable aussi pour les Etats-Unis et l’Israël qui auront un allié puissant dans la région et une bonne possibilité de changer la situation en sa faveur dans la Proch-Orient. Rappelons que les buts fondateurs de l’OCI étaient la résolution du problème de la Palestine et la libération des sanctuaires de Jérusalem. Donc la Turquie était un intermédiaire pour les Etats-Unis qui pouvait être conciliant dans l’alliance entre l’OCI et les Etats-Unis-’Israëliii.

La Turquie ne peut pas négliger ses intérêts, ses possibilités dans les relations avec les pays du Proche-Orient tandis que les attentes de l’Occident sont séduisantes. Beaucoup de savants et d’hommes politiques à la Turquie étaient contre le projet des Etats- Unis «Le grand Proche-Orient». C’était une nouvelle forme du colonialisme dans le monde musulman qui était très douleureuse pour eux si on rend compte leur lutte contre la disposition de ses ressources d’une façon indépendante. A part cela, le soutien des Etats-Unis aux partis kurdes était inacceptable pour la Turquie dont le but était la création d’une république kurde indépendante. D’autre part le processus retardé par les conditions de l’adhésion à l’Union Européenne aboutissait au mécontentement de la politique intérieure et aux dissensions.

Tout cela était une occasion pour la Turquie d’accélérer sa politique pro-islamiste. Dans les cadres politiques du pays a commencé à s’employer un point de vue selon lequel la Turquie doit augmenter son rôle dans l’OCI. L’autorité de la Turquie s’est accrue considérablement dans l’organisation quand le parlement de la Turquie a refusé le projet d’accorder ses munitions aux troupes des Etats-Unis pour faire irruption dans l’Iraq. Les déclarations anti-israëlennes d’Erdoğan ont contribué à l’élévation de l’autorité de la Turquie et à la dégradation des relations turco-israëlennes.

Le diplomate turc est leader de l’OCI

Grâce à l’action d’un lobby turc pendant la 31e session de la conférence des ministres des affaires étrangères de l’OCI en 15 juin de 2004 le savant et diplomate turc Equmélédy Ihsanoghlun a été élu le secrétaire général de l’OCI. Pendant ses fonctions (de 2004 à 31 janvier de 2014) Ihsanoghlun a réussi à faire des changements dans l’OCI en augmentant l’efficacité de la plus grande organisation islamique. L’organisation de la collaboration islamique (OCI) le nouveau titre de l’organisation a contribué au renforcement de la coopération entre les pays islamiques. Parmi le projet des réformes étaient «Le projet de 10 ans pour réagir aux défis de 21e siècle» et le règlement révisé par l’OCI qui a été adopté en 2008 par l’OCI. Avec ces deux documents cette personnalité turque a mis en pratique de nouvelles idées et principes dans l’OCI, par exemple la création de la commission permanente des droits de l’homme, les projets du renforcement de la dialogue culturelle et de l’élaboration de la lutte contre le terrorisme, etc.

L’activité d’Ihsanoghlu dans la réalisation des réformes économiques et commerciales de l’organisation était remarquable. Pour lui surtout la dynamisation de la circulation commerciale dans l’organisation était importante. La plus importante initiative de l’OCI est le programme pour le coton dont le but est de soutenir au développement de l’économie des pays membres de l’organisation, particulièrement les pays de l’Afrique occidentale. L’une des démarches réussies du diplomate turc était la création de la représentation de l’OCI qui permettait à l’organisation de résoudre deux problèmes importants. D’abord, à l’intermédiaire de la représentation permanente, l’OCI, en tant que la voix commune du monde islamique, assurait le lien permanent avec U.E et crée une plate-forme pour l’élaboration des actions. Et puis, l’OCI devenait la représentante de la population musulmane de 20.00000 qui devrait défendre leurs intérêts.

En janvier de 2005 Ihsanoghlu a déclaré que les buts de l’OCI seront réalisés «si nous puissions changer de notre tactique d’accepter les formules et trouvons un mécanisme de les mettre en application. Sinon, la plupart de nos formules seront «l’expression d’une bonne attitude». En 2006 l’OCI a organisé une rencontre entre les primats des communautés des Sunnites et des Chites. Au résultat de cette rencontre on a signé un traité de conciliation qui faisait appel à cesser les massacres à l’Iraq. En fait Ihsanoglu essayait d’élargir les cadres de l’activité de l’OCI en lui attribuant des fonctions de l’arrangement des conflits.

Pendant les dernières années l’OCI a eu une grande intégration dans la question de la réalisation des actions de la politique contre l’islamaphobie, ce qui s’est manifestée particulièrement sous forme d’écho envers le célèbre incidentiv lié aux caricatures danoises. La position de l’Organisation de la collaboration islamique a contribué à l’internationalisation de la question. Ainsi, Ihsanoglu a declaré qu’il fait appel à l’ONU d’adopter une formule qui interdira les attaques envers les convictions religieuses. Plus tard l’OCI aussi faisait des propositions diplomatiques aux pays de l’Orient pour appliquer la 16/18 formule de la Commission de l’homme de l’ONU pour lutter contre «l’intolérance, contre les stéréotypes négatifs et contre l’astigmatisme religieux». Dans les cadres d’une telle politique l’OCI, en janvier 2013, a organisé une rencontre des juristes à Istambul où on a rétabli les démarches prochaines de l’organisation pour étudier les méthodes légales par lesquelles on interdirait l’intolérance religieuse envers les musulmans.

La période de la direction de la Turquie dans l’OCI a coïncidé avec les événements du printemps arabe. De plus, comme le dirigeant de l’OCI Ihsanoglu a montré son attitude positive envers ses révolutions. Pendant l’une des conférences, organisée par «Brookings Doha center» il a indiqué que ses révolutions sont devenues en effet «automne pour les despotes arabes», et elles ont donné au peuple arabe la possibilité «d’entrer dans le contexte de l’histoire», parce qu’ils étaient hors de l’histoire à cause de l’élite politique. La position d’Ihsanoglu a influencé sur la politique de l’OCI. Par exemple, pendant le printemps libyen l’OCI était la première organisation internationale qui a condamné les violences envers les citoyens, de plus, elle les a aidés à l’intermédiaire de l’Egypte et de Tunisie. Pour ne pas détailler les événements du printemps arabe, Faisons une conclusion que la chute des plus grands pays était au profit de la Turquie. Ainsi, la Libye, l’Egypte, la Syrie après la révolution n’ont pas pu restituer leurs positions de chef dans le monde musulman et aussi dans l’OCI.

Le 13e sommet de l’OCI, l’estimation de l’activité de l’organisation

En 2014 après la fonction de l’Ihsanoglu et après que l’ex-ministre de la Culture et de l’information de l’Arabie Saoudite Iyad Emin Médan a été élu le secrétaire général, la Turquie continuait son activité dans les cadres de l’organisation. Le 13e sommet de l’OCI a été réalisé solennellement à Istambul à 14 de 16 avril 2016. Dans la déclaration on avait inclus les clauses qui concernaient immédiatement les intérêts nationaux de la Turquie, particulièrement, la défense des droits de la population turque de la Thrace Occidentale (№96), l’activité du rapatriement des Turcs Meskhètes (№97), ainsi qu’à la garantie de la sécurité, des droits religieux, éducatifs, et culturels des Tatars de la Crimée (№98).

L’autre manifestation de l’initiative turque se reflète dans la 113e clause avec quoi la conférence donne son approbation à la déclaration, en coopération du président de la Turquie et du président du Kazakhstan Nazarbayev, sur le commencement du processus du rapprochement islamique qui a le but de résoudre les conflits en respectant l’intégralité territoriale et le principe de la souveraineté.

Par la clause №202 de la déclaration a été inclues aussi la formule №8/40, adoptée pendant la 40e session du conseil des ministres étrangers de l’OCI, dont le projet a été présenté par la Turquie. Selon cette formule on a décidé de mettre en pratique le centre de la coopération politique et de la coordination comme l’institut spécialisé de l’OCI dont le quartier général sera à Istambul.

D’après les 113 et 202 clauses on peut conclure que la Turquie tente de prendre en soi les fonctions de l’élaboration de direction et coordination des orientations politiques dans l’OCI. Mais, nous pensons que la Turquie dans l’avenir n’arrivera pas à déplacer l’activité de l’organisation dans l’arrangement des conflits dans une plate-forme plus pratique.

Néanmoins, en résumant tout cela il faut constater que la fonction d’Ihsanoglu, ainsi que l’élévation du rôle de l’islam dans la politique de la Turquie ont contribué à ce que la confiance envers la Turquie pro-occidentale s’est rétablie parmi les pays islamiques. Les liens économiques de la Turquie avec les pays membres de l’organisation se sont dilatés, les démarches dirigées vers la défense des droits des musulmans dans les pays non-musulmans se sont systématisées. La Turquie veut rétablir sa mission historique de l’Empire Ottomane et tente d’utiliser l’OCI pour unir le monde islamique. Mais avec tout ça, l’efficacité des efforts turcs pour assumer la direction du monde islamique, à l’intermédiaire de l’OCI, n’est pas réaliste. Dans l’organisation de la collaboration islamique il y a de grands défauts. D’abord entre les membres de l’organisation il y a de graves différences politiques, socio-économiques, idéologiques, géographiques et démographiques qui empêchent l’union parfaite du monde islamique. Hormis ces différences entre les membres de l’organisation existent des conflits religieux, ethniques et frontaliers. Tandis que l’OCI ne surmonte pas ces difficultés, elle n’arrivera à assumer un rôle influent international. Les problèmes ci-dessus indiqués sont évidents pour la Turquie et elle tente d’élever à tout prix l’efficacité de l’OCI. Après les événements du printemps arabe la Turquie propose sa position selon laquelle l’Organisation de la Collaboration islamique doit fonctionner consonant aux changements ayant lieu dans la région. C’était Davidoghlu qui le clamait dans différentes plate-formes, indiquant que l’OCI est «la seule organisation qui soutient au monde musulman», et elle doit élever son efficacité en réagissant convenablement aux transformationsv. Peut-être, la spéculation de la question du Haut-Karabagh par la Turquie dans les cadres de la 13e session de l’OCI était convenue à cette circonstance que nous reprendrons plus détaillés dans la troisième partie de l’analyse.


i A. Hovhannisian, “ La Turquie est une intermediation incorruptible ou le marchendage politique”, page 347, Les recherches turcologiques et ottomanologiques VI, RA, Académie de Sciences, Institut des etudes orientales, Erévan, 2009.

ii A la meme place.

iii Bolukbash Suha. “Behind the Turkish-Israeli Alliance: A Turkish View”, Journal of Palestine studies 113. Autumn 1999.

iv En 2005 on a publié dans le journal danois Jyllands- Posten 12 caricatures qui ressemblaient au personnage de Mohamed, le fondateur de l’islam.

v Muhittin Ataman, Ayşe Nur Gökşen, Sembolizm ve Aktivizm Arasında, Islam Işbirliği Teşkilatı, p. 26


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Auteur: Armine Muradyan. © Tous droits réservés.

Traduit par Izabela Tshagharian.


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