La cinématographie, un outil d’influence politique

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Le cinéma a deux fonctions:  dépeindre la réalité circonstancielle et en créer une nouvelle.

Siegfried Kracauer

Parallèlement à la formation des premiers Etats, il est devenu indispensable de créer des liens avec un large pan de la société et c’est à cette fin qu’une communication politique a émergé. La communication politique possède de nombreux outils mais le but principal de tous est de créer chez des personnes certaines idées et attitudes en réponse à certaines informations.

La manifestation la plus répandue de la communication politique est la publicité politique. On peut tracer l’histoire de la communication politique à partir des temps des messagers de la Rome antique jusqu’à milliers de médias de nous jours.  Les outils de la publicité politique ont évolué avec le progrès technologique et le changement de la pensée humaine. La radio ainsi que les affiches et les photos utilisées pendant la Première et Seconde guerre mondiale peuvent être considérées comme la période du développement de la publicité politique car elles assuraient la représentation visuelle des politiciens ou de n’importe quel événement. La découverte de la télévision a ouvert de nouvelles opportunités pour les communications politiques ainsi que pour la publicité permettant un impact immédiat sur les perceptions auditive et visuelle laissant une impression plus profonde. Les médias sont une partie indissociable de la vie des citoyens et la politique pénètre dans leurs vies à travers des médias, étant donné que les éventails public et politique offrent actuellement de nombreuses possibilités de rencontres aux citoyens et aux forces politiques. Les médias sont un moyen de transmission d’informations mais l’information si objective qu’elle soit, est un message qui laisse une certaine trace au niveau sensoriel.

Les outils les plus populaires des médias de masse comme le cinéma, les publicités, les dessins animés et les programmes télévisés sont devenus des atouts majeurs de la télévision qui sont également utilisés en tant qu’ instruments  d’influence politique.

Si la publicité, le programme télévisé ou les actualités peuvent avoir un impact direct sur la conscience du citoyen à l’égard de telle ou autre question politique, politicien, parti ou événement politique, ce n’est pas le cas avec les films ou les dessins animés car ces derniers ont une influence indirecte ou intermédiaire.

La découverte des frères Lumière (1895) fait une partie importante du divertissement de l’homme moderne. Le film est un système d’images en mouvement qui sont liées par un sujet commun.  Le cinéma est unique en son genre : il est accepté par toutes les cultures, son intrigue peut couvrir de milliers de sujets et les nouvelles technologies permettent même de filmer des images au-delà de notre réalité. Le cinéma est le moyen le plus populaire de la culture contemporaine. Grâce à ces caractéristiques susmentionnées, il devient un outil utile et pratique parmi les technologies politiques.

 L’impact psychologique du cinéma sur une personne

  1. McLuhan définissait le cinéma comme un outil « chaud » des médias de masse qui envahit complètement les sens auditifs et visuels de la personne et l’oblige de s’identifier avec les personnages du film. La particularité du cinéma est sa capacité à influencer les couches inférieures de la conscience (même sur l’inconscient archétypal):

En cas de programmation précise la cinématographie peut être un bon outil de propagande. Il crée activement dans l’imagination du public l’illusion idéalisée du monde. En fonction de l’idée des auteurs (réalisateur, scénariste), les films peuvent créer chez des spectateurs une impression d’équité et de la supériorité morale du n’importe quel personnage indépendamment des caractéristiques du prototype du personnage en question.

Cependant, la caractéristique la plus importante du film qui lui permet d’être utilisé comme outil de propagande, est sa capacité à influencer les personnes d’une manière secrète et sans qu’on s’ en aperçoive. L’influence se produit principalement au niveau émotionnel, au-delà de la conscience humaine, ce qui permet également d’éluder la pensée rationnelle de la personne (émergence de la résonnance émotionnelle). La résonnance émotionnelle peut être définie comme la création d’une humeur concrète pour un large public, tout en propageant certaines idées.  Elle permet d’éviter la protection psychologique, présente au niveau conscient, qui essaie de protéger de la publicité, de la propagande et de toutes sortes du lavage des cerveaux.  Et c’est là que la résonnance émotionnelle devient nécessaire car sa première règle nous dit qu’il faut influencer la personne au niveau émotionnel et pas au niveau conscient.

En tant que puissante force socio-psychologique, le cinéma libère la personne de la fatigue de la veille, de la frustration et des phobies. Nous ne pouvons pas dire que le cinéma aide à éviter les problèmes de tous les jours, mais on peut dire avec confiance qu’après avoir regardé un film la personne revient à la réalité très détendue. Le cinéma est parfois un stimulant pour repenser votre propre vie, vos valeurs et l’environnement en général. Indépendamment du contenu du film, il peut changer ou former une certaine opinion/imagination, en commençant par le thème du mariage et de l’amour et finissant par l’image du gouvernement. Donc, des conditions favorables sont ainsi crées dans le subconscient pour importer de nouveaux modèles pour une institution politique, un homme politique, des pays ou des nations. L’Etat qui aime particulièrement utiliser les mécanismes de propagande, utilise assez souvent cette influence du cinéma sur les personnes.

 Le cinéma et l’Etat

Il est vrai que tous les films sont porteurs de certaines idées qui affectent les gens, mais tous les films n’ont pas cet effet intentionnellement. Il y a des films qui accomplissent un ordre d’Etat et propagent des valeurs, des images et des attitudes qui lui plaisent.  Mais pour bien comprendre l’impact des films sur des personnes, il est nécessaire de clarifier encore une chose : ce n’est pas toujours que les films accomplissent la tâche que l’Etat leur a donné mais cependant, leur influence sur les gens ne diminue guère. La fonction principale de la culture n’est pas de résoudre le problème mais de faire connaître au public l’existence de celui-ci. En tant que symbole de la culture et du divertissement, le cinéma affecte le spectateur indépendamment du fait s’il a un impact spécifique à l’origine.

Selon l’histoire, on distingue deux types de films : documentaire et de fiction.

  • Le documentaire, tel un document administratif, est présenté comme une preuve de l’existence d’un phénomène. Il semble que cette caractéristique des films documentaires rend impossible leur utilisation intentionnelle en tant qu’outils de publicité politique ou de manipulation mais pendant les guerres de l’information ils deviennent les meilleurs outils pour l’introduction de l’image de l’ennemi et pour la séparation de « nous » et de « eux ». Cela a été pratiqué depuis la Première guerre mondiale mais s’est répandu largement pendant les années de la Guerre froide, lorsque chez des observateurs américains et européens leurs pays respectifs ont tenté de créer l’image de l’ URSS en tant qu’une superpuissance.  Lénine accordait un rôle important au cinéma en tant que moyen de la technologie politique, et Staline disait que « le cinéma est exclusivement un art d’Etat qui n’a pas d’égal comme outil d’influence sur les grandes masses ».
  • Les films de fiction se distinguent par leurs genres. L’équipe de tournage possède une grande liberté dans le choix des sujets. En termes politiques, nous devons les examiner dans les cadres démocratique et non-démocratique afin de comprendre l’impact de la fiction sur la société. Si, dans une société démocratique, la présence des personnages politiques et des événements historico-politiques est le résultat du choix de la compagnie cinématographique (l’équipe de tournage – scénariste, réalisateur, producteur), dans les régimes non-démocratiques, la cinématographie devient un des outils de propagande le plus puissant qui aide à présenter le comportement accepté et approuvé par la classe dirigeante comme un modèle correct de comportement.

Le cinéma dans l’URSS et  en Allemagne nazie

En URSS, ce qui serait lu ou vu par le public, était strictement censuré. Le véhicule idéologique de l’URSS avait envahi toutes les couches de l’information publique en conformant tout aux exigences de la censure.

L’année 1919 est considérée comme la naissance du cinéma soviétique. À cette occasion Lénine a dit : « La forme la plus importante de la culture est le cinéma ». Le Comité d’Etat de l’URSS a été créé pour examiner la cinématographie dont la mission principale était d’adapter les films locaux et étrangers à ainsi dit l’esprit du socialisme. Le processus de confirmation du scénario pour les films locaux était plein de tracasseries bureaucratiques ce qui était la raison du manque du cinéma soviétique (ils utilisaient le slogan « il vaut mieux en faire peu mais de bonne qualité »). Depuis les répressions strictes staliniennes des années 1930, le contenu des films est devenu plus limité. Par exemple, entre 1924 et 1929, le réalisateur Eisenstein a dû tourner quatre films mais en a terminé un seul (Alexandre Nevski), et en 1938.

Les films soviétiques avaient une orientation très idéologique : créer une image parfaite des communistes et de la société communiste qui servent à l’état impeccable. De ce point de vue, Tchapaïev (réalisateur : Sergueï et Gueorgui Vassiliev, 1934) est considéré comme un film réussi, c’est un exemple frappant du réalisme socialiste   qui raconte l’histoire du commandant de l’armée rouge qui a lutté pour le coup d’Etat et de ses adeptes.

Ainsi, le cinéma soviétique est unique en son genre car il se développait à part de la cinématographie mondiale (y compris le développement des moyens techniques) et il avait une gamme assez étroite de sélection des scénarios et des personnages, ce qui exclut l’existence de certains genres.

Depuis 1931 la projection des films étrangers était strictement interdite en union soviétique.  Les  films étrangers qui devraient être montrés étaient soigneusement examinés et le cas échéant ils étaient abrégés (ainsi, par exemple, le film O, Lucky Man de Lindsay Anderson a été abrégé de 45 minutes). Après la mort de Staline la situation a légèrement changé : le nombre de genres cinématographiques a augmenté (drame, comédie), mais le cinéma restait quand même sous  contrôle ouvert d’état.  En URSS seulement les films tournés dans les républiques soviétiques étaient montrés (environ 140 films par an) ou bien ceux des pays du camp communiste (70 films), suivaient des films italiens et français  (70 films), et environ 5 ou 7 films américains qui étaient d’abord approuvés par le comité susmentionné pour éviter la pénétration dans le marché du film soviétique de films comme Rocky ou The Godfather. Après la chute de l’URSS, le comité a poursuivi ses activités jusqu’à l’année 2008 mais seulement dans la Fédération de Russie.

Pendant la Seconde guerre mondiale, sous l’égide du gouvernement allemand, un certain nombre de films de fiction et documentaires a été tourné. Ils propageaient la politique menée par le Troisième Reich, l’incomparabilité et l’image impeccable de la tribu ayrenne. Un des exemples brillants de ce phénomène est le film Ich Klage an (littéralement : J’accuse, réalisateur : Wolfgang Liebeneiner) dont le but principal est de montrer la légitimité de l’euthanasie.

 L’impact politique du cinéma hollywoodien

Dans les sociétés démocratiques le cinéma n’est pas sous contrôle d’état et il est libre en ce qui concerne le choix des genres, du contenu et de la présentation idéologique. Cependant, cela n’empêche pas le cinéma d’être au centre des préoccupations d’état et d’agir comme un outil politique. Prenons l’exemple des films hollywoodiens.

Dans les années 1930, le Bureau fédéral d’enquête (FBI : Federal Bureau of Investigation) a créé une division spécialisée dans l’industrie du divertissement car les employés avaient réalisé que les gens comprenaient mieux par le biais de la culture. En 1947 une unité similaire a été créée par le Département de la Défense des États-Unis (le Pentagone), et l’Agence centrale de renseignement (CIA: Central Intelligence Agency) en a créé une en 1996. John O. Brennan, le chef actuel de l’Agence centrale de renseignement, affirme que dans les moments difficiles la culture pop devient une source d’information importante pour les citoyens en termes d’obtention d’informations sur les activités du gouvernement.  Pour justifier ce que nous venons de dire ci-dessus, prenons l’exemple d’un film pendant le tournage duquel le Pentagone a eu sa part. Le magazine Wired explique explicitement dans un de ses numéros pourquoi ces unités sont si nécessaires. Ainsi, le Pentagone a un peu « aidé » à changer le scénario du film Transformers (réalisateur : Michael Bay, 2007) en présentant les soldats et les fonctionnaires d’état sous un angle positif et en revanche, l’équipe de tournage a eu l’opportunité de louer l’équipement militaire nécessaire à prix bas (avion furtif à seulement 25.000 $ pour heure).

Observons deux époques pour voir l’influence américaine sur Hollywood:

  • Dans les films américains de la période d’après-guerre (1946-1991), l’URSS était largement représentée comme le mal du monde. Un des meilleurs exemples de ce genre de films est le film Rambo qui fut l’une des armes de la guerre froide.
  • En ce qui concerne les années 1943-1945, la cinématographie avait alors une image complètement différente de cette dernière (à l’époque l’URSS et les États-Unis étaient les alliés). Dans les films qui étaient tournés pendant cette période-là, les citoyens de l’URSS étaient représentés comme des héros. Le film le plus célèbre montrant les relations de bon voisinage entre l’URSS et les États-Unis, qui a été également présenté en Union soviétique, était Mission to Moscow (réalisateur : Michael Curtiz, 1943), basé sur le livre de l’ambassadeur des États-Unis en Union soviétique Joseph E. Davies. Déjà en 1947, le Congrès américain a accusé l’équipe de tournage de promouvoir l’idéologie soviétique et de mener des activités anti-américaines.

La diffusion de l’idéologie communiste n’était pas encouragée aux États-Unis. Cette appréhension a même fait figurer le nom d’un des meilleurs scénaristes d’Hollywood Dalton Trumbo (scénariste de Roman Holidays et de Spartacus, il a remporté Oscar) dans la liste noire des scénaristes simplement parce qu’il était membre du parti communiste.

Après le 11 septembre 2001 le gouvernement américain a pris la décision d’utiliser la cinématographie pour influencer ses citoyens. En conséquence, le conseiller de George W. Bush Karl Rove est arrivé à Hollywood et a rencontré les réalisateurs et les scénaristes afin de leur demander de l’aide pour la diffusion de certaines idées.  Notamment :

  • La lutte contre le terrorisme n’est pas une lutte contre l’islam,
  • Il y a la nécessité de compléter l’armée,
  • Les familles des soldats ont besoin d’aide,
  • Convaincre les membres de la société qu’ils vivent en sécurité.

Un des indices de politilisiation du cinéma américain est le prix des Oscars (Academy awards)  car les films les plus politisés sont toujours nominés pour attirer plus d’attention (ainsi les film Mission to Moscow a été nominé pour l’Oscar en 1944 et Rocky en 1976). L’année la plus politisée d’Hollywood était probablement l’année 2013 lorsque les films tels que Lincoln (réalisateur : Steven Spielberg, 2012), Argo (réalisateur : Ben Affleck, 2012) ou encore Zero Dark Thirty (réalisatrice : Kathryn Bigelow, 2012) étaient tournés et ensuite nominés aux Oscars.

La sociologue éminente Michelle Pautz a mené une enquête sociologique remarquable auprès de 39 étudiants avec les questions suivantes pour comprendre l’influence des films Argo et Zero Dark Thirty sur leur perception du gouvernement :

  1. Est-ce que le gouvernement dirige la nation en bonne direction ?
  2. Font-ils confiance au gouvernement ?

L’enquête a montré qu’après avoir regardé les films, la confiance des étudiants envers le gouvernement a augmenté.

Conclusion

Après la présente analyse, nous pouvons conclure qu’une des fonctions les plus importantes de la politique est la communication avec des personnes qui s’organise à l’aide des masses de media. À cette ère d’information, l’information parvient aux gens par différents chemins qui sont divers et parfois contradictoires. En conséquence, la cinématographie est aussi entre autres une manière indirecte d’influencer car ses possibilités d’avoir un impact sur la société sont plus fortes et plus grandes que celles des autres moyens connus à l’humanité.

La présente étude a montré que le cinéma peut être utilisé par les forces politiques en tant qu’outil de manipulation. Cependant, l’influence du cinéma ne se limite pas à cette utilisation intentionnelle de la part des forces politiques ; il peut influencer les gens indépendamment du désir des pouvoirs, pourtant n’ayant pas perdu le poids des leviers de son influence.


 

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Auteur: Tatev Derzyan. © Tous droits réservés.

Traduit par Sona Malintsyan.


 

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