Reprise du stéréotype «victime du génocide» pendant des opérations militaires du Haut-Karabagh du 2 au 6 avril 2016

Dans chaque signe  le même monstre est endormi dont le prénom est  stéréotype.[i]

De nos jours, lorsque les conflits ethnopolitiques prévalent dans différentes régions du monde, l’étude des mécanismes par lesquels il est possible de comprendre, de décrire et d’interpréter les relations entre les différents groupes ethniques devient de plus en plus importante. Ces mécanismes comprennent des stéréotypes ethniques qui, mis à part le fait qu’ils soulignent des contours des caractères ethniques,   construisent et reproduisent également la réalité sociale existante.  Les stéréotypes ethniques  deviennent un moyen de compréhension de soi par  la description de son propre groupe (auto-stéréotype) et d’autres groupes (hétéro-stéréotype), à travers la reproduction de l’identité ethnique, qui ne devient pertinente que par rapport aux autres identités ethniques.[ii] Les stéréotypes ethniques décrivent non seulement la réalité existante, mais la définissent aussi  conformément aux besoins et aux exigences de la communauté sociale, formant la notion «des autres » et  d’eux-mêmes, et  en mettant l’accent sur des caractéristiques spécifiques généralisées ou en les nivelant.[iii] C’est ainsi que les hétéro-stéréotypes  ethniques deviennent l’un des éléments structurant  l’identité ethnique ce qui implique inévitablement la dualité des normes, parce que «nous»  ne sommes pas  «eux», «ils» ne «nous» ressemblent pas.[iv] Le fait de s’opposer à «nous/ amis » – «eux/ étrangers»,  c’est- à -dire se définir à travers le prisme des autres est l’une des fonctions les plus importantes des stéréotypes ethniques.

A partir de cette brève revue  théorique, je me suis demandée: quelles sont  les particularités du modèle de l’ identité arménienne,  construit à travers  la perception de prisme  de l’image de l’«ennemie»  (dans ce contexte, les Turcs / Azerbaïdjanais), et comment l’auto-stéréotype du «victime» est-il construit au cours des siècles?[v] Il faut souligner, que dans le discours nationaliste arménien dominant, qui est   principalement reproduit dans les médias, les Azéris sont identifiés avec les Turcs. Dans ce contexte  l’identification de tout événement historique avec le génocide et les Turcs est présentée comme un fait évident[vi].

 Question de recherche et  méthodologie

Dans ce texte, je voudrais présenter et analyser la transformation   du stéréotype «nation la victime du génocide» et sa nature cyclique de la reproduction par l’exemple  de l’aggravation des hostilités du Haut- Karabagh en avril, 2016. Je m’intéressais à la façon dont,  le champ d’information se développait   en Arménie   dans les réseaux sociaux (forums,  e-media) pendant la guerre de quatre jours,  et comment le  stéréotype «nouvelle victime» était reproduite autour de cette couche d’information.

Le matériel de cette courte  analyse a été sélectionné par une méthode ciblée. La couche de matériel d’information sur la couverture des opérations militaires en avril 2016 a été sélectionnée parmi de nombreux groupes virtuels arméniens dans les réseaux sociaux et  dans les médias de masse consacrés à la question du conflit du Haut-Karabagh. Les critères qui se trouvaient  sur  la base du choix de matériel  sont les suivants: le niveau d’activité des communautés sociales dans le sujet que j’étudiais (discussions, commentaires, abonnements, etc.), le niveau d’activité des groupes sociaux, la pertinence et l’efficacité du materiel publié.

L’intervalle de temps pour la sélection du matériel a été sélectionné à partir de 02.04 jusqu’au 10.04.2016. Le choix de l’intervalle est lié au fait que les actions militaires ont été aggravées le 2 avril, et que la phase active des opérations a duré jusqu’au 6 avril lorsque les informations sur la situation dans la zone de guerre  ont été mises à jour presque chaque minute dans les forums et  dans les médias. Les discussions sur les événements militaires  sur les forums Internet n’étaient pas systématiques, mais plutôt réactives et elles ont été renouvelées lorsqu’une  nouvelle information a apparu. Ce fût la phase de culmination de flux d’informations quand une grande couche de l’informations se référait directement ou indirectement au stéréotype de la « victime d’un nouveau  génocide».

Pour comparer et identifier le processus gradual du déclin du flux d’informations, j’ai également utilisé des matériaux des quatre prochains jours après le cessez-le-feu officiel. Les forums comprenaient des liens sous forme d’ entretiens avec des experts, des citations de divers rapports et protocoles internationaux, des caricatures et des mèmes, qui indiquaient le caractère intertextuel des forums. Une information  éclectique similaire   vise à contrôler un assez large éventail de réactions et de réflexions sur les événements survenant dans la zone de  tension du conflit: relativement parlant, ils reproduisent la direction émotionnelle et morale de tout le champ médiatique. En outre, ils sont  une  certaine réponse à l’attaque d’information de la part de l’Azerbaïdjan, et vice versa.

 Principe de cyclicité du stéréotype «victime du génocide»

Jusqu’aux années 1960, le sujet de génocide a été officiellement interdit et fermé en Union Soviétique. Ce n’est que dans les années 50 que le silence a éclaté et les informations sur les massacres arméniens dans l’Empire ottoman ont commencé à pénétrer la littérature et la culture, en formant en Arménie un nouveau discours national. En une période de temps relativement courte   un stéréotype clairement exprimé de «victime» en deuil a ete formulé, capable de causer de la compassion, de la pitié et de la sympathie. La construction d’un monument dédié à la mémoire des victimes du génocide arménien a contribué à la diffusion du stéréotype.  Ainsi, au fil du temps la mémoire du génocide s’est transformée en un métarécit stable.[vii]

 Après les événements tragiques survenus à Sumgaït  du 27 au 29 février 1998, une vague de discussions sur le «nouveau génocide des Arméniens» a surgi et il y avait une tendance à préserver le stéréotype de la «victime».  «Sumgaït – Continuation du génocide», «Si l’URSS reconnaissait le génocide arménien de 1915,  le Sumgaït de 1998 n’aurait pas lieu»,« L’humanité doit reconnaître le génocide de 1915 pour que  le Sumgaït ne se répète pas» et d’autres panneaux et affiches sont apparus dans les démonstrations de mouvement du Haut- Karabagh en 1998.[viii] Ainsi, les réflexions sur le «nouveau génocide» et le stéréotype de la «victime» circulent sans cesse dans le discours national arménien.

L’élan suivant au  développement intensif du stéréotype   de la «victime» a été le meurtre du  rédacteur en chef du journal arméno – turc «Agos», Hrant Dink.

En 2008 une artiste de Beyrouth d’origine arménienne Anita Tutikyan a préparé une affiche de «1.500.000 + 1» en mémoire de Dink.[ix] Elle a souligné par ça le fait que Dink est devenu une autre victime du génocide  arménien qui continue.

La prochaine vague de discussions sur ce  métarécit  a éclaté après les événements tragiques survenus dans la ville syrienne de Kessab.  Le 21 mars 2014, une invasion armée de groupes terroristes islamistes d’Al-Qaïda a commencé dans la ville arménienne de Kessab située au nord-ouest de la Syrie, dans  la province de Lattaquié. La majorité de la population  chrétienne de la ville a été contrainte de quitter sa maison et son lieu de résidence. Les événements de Kessab sont devenus l’objet de discussions sérieuses et de condamnations parmi les Arméniens du monde entier. Dans  les réseaux sociaux et les médias les appels  à la communauté mondiale  « pour arrêter le nouveau   massacre des  Arméniens»  n’ont  pas cessé.[x]

L’utilisation de tels stéréotypes méta narratifs signifie que l’imagination de la société n’est pas libre, parce que le stéréotype  a une récurrence continue. Au cours des 60 dernières années le discours de la «victime du genocide» en Arménie  a été projeté sur divers événements et actions historiques  de l’Azerbaïdjan et de la Turquie. Comme dans tous ces stréréotypes  métonymiques, la représentation est liée à l’exclusion: ainsi, les stéréotypes ethniques participent à la construction de l’identité ethnique,  formant une perception stables  de lui-même en tant qu’une «victime du génocide» et sur les autres comme un  « ennemi meurtrier ». Les côtés qui font semblant  d’un discours patriotique (les hommes politiques, les médias et les autres) en appliquant les stéréotypes populaires, ne créent pas une nouvelle rhétorique politique[xi]. Ils acceptent  la tradition  de l’argumentation nationale, en identifiant ainsi la signification de ce métarécit.

«The past is not dead, in fact it is not even past»[xii]

Les opérations militaires entre l’Artsakh (Haut-Karabagh) et l’Azerbaïdjan ont repris  le 2 avril 2016. Selon les chiffres officiels,  les batailles féroces ont duré quatre jours, avec une nouvelle diminution  de l’escalade  militaire et des bombardements sporadiques dans la zone de conflit.

Le premier jour de l’aggravation des opérations militaires, les documents d’information et les photos de bataille féroce  sont apparus  sur le réseau. Les informations diffusées dans les réseaux sociaux ont d’abord provoqué une vague  de panique, des commentaires négatifs envers  les  Azerbaïdjanais  et le renouvellement de l’idée du «victime du génocide». Après cela, les Arméniens vivant en Arménie et  hors de son territoire  ont réclamé les exigences suivantes: a) donner une évaluation politique et morale des actions militaires, b) identifier toutes les partis   politiquement  et économiquement intéressées, d) punir les coupables directs de la reprise des hostilités dans la zone du conflit.

Progressivement, les forums ont été réapprovisionnés avec  de nouveaux matériaux sur les opérations militaires et par  les émotions avec des démotiveurs. La prochaine étape du développement du champ de l’information est devenue une certaine «légitimation» de l’information. Les administrateurs et les participants du forum, ont fait référence aux déclarations  des hommes politiques, des représentants  de la diaspora et des organisations internationales (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe,  United States Senate Committee on Foreign Relations, Institute for War and Peace Reporting).   Des acteurs célèbres et des personnalités culturelles du monde entier ont participé aux actions  contre la reprise des hostilités. «Nous partageons le chagrin du peuple arménien », « Nous sommes contre le génocide » et  par d’ autres textes similaires Charles Aznavour et George Clooney ont exprimé leurs condoléances. La diaspora arménienne des différentes parties du monde a fait des appels pour arrêter «le nouveau génocide arménien» et a montré un soutien financier ( image 1). Des collectes de fonds ont été organisées dans de nombreuses communautés arméniennes  de la diaspora pour aider les familles qui ont souffert pendant les hostilités.[xiii] Les forums Internet ont annoncé la collecte d’articles essentiels (nourriture, vêtements, articles d’hygiène, etc.) pour les  résidents affectés et les soldats blessés dans les zones frontalières.

Image 1. Manifestation arménienne contre les actions militaires à Washington[xiv]

La prochaine étape dans le  développement du stéréotype de la «victime» dans les pages des forums Internet a été l’introduction de thèmes religieux dans le discours. Après le deuxième jour de l’aggravation du conflit, des images de victimes de torture, ainsi que des images d’icônes et de prières (en particulier dans les commentaires) ont été aparues. Faire appel aux sentiments religieux de la nation est une bonne stratégie et un levier pour élever la conscience nationale.  L’une des formes les plus  remarquables de la désécularisation, particulièrement dynamique dans les pays post-soviétiques, est le nationalisme religieux[xv].  Aujourd’hui la religion  est de plus en plus en phase  avec le «passé sacré» de la nation (à propos de l’origine du mythe). Ensemble, ils deviennent un déterminant de la conscience de soi ethnique et sont largement utilisés pour la  légitimation des droits politiques, économiques, sociaux et culturels d’un groupe ethnique.[xvi] Ce phénomène peut être tracé de la meilleure façon sur la scène de la confrontation du Haut-Karabagh aux cours des dernières années. La nouvelle optique de la «vraie connaissance» du passé historique, associée à des sentiments (pseudo) religieux et des slogans, détermine le radicalisme national, qui forme non seulement  les rumeurs publiques mais aussi le discours journalistique, pénètre également dans la vie universitaire et dans la lutte politique, en devenant l’un des facteurs les plus importants dans la création du stéréotype «victime». Un exemple de renforcement de la sensibilité religieuse dans la confrontation du Haut-Karabagh est l’information dans les médias sur le meurtre du soldat Karam Sloyan en coupant la tête en avril 2016, qui a été interprété comme une manifestation de l’extrémisme religieux[xvii]. D’autre part, dans les forums en ligne pendant plusieurs jours, les prières d’adieu et d’obsèques pour les volontaires partant pour la ligne de tir et pour les  conscrits protégeant la frontière n’ont pas cessé. Il y avait d’innombrables photos de soldats en prière et de leurs mères, de prêtres armés, etc. (Image 2).

Image 2. Les soldats arméniens à la chapelle du champ, Haut-Karabagh[xviii]

En outre, il convient de   noter qu’au niveau discursif, il y a eu une rupture avec  une attitude autocritique prononcée (cynique) concernant  la reprise du conflit,  la politique de l’État,  la panique de masse et un  stéréotype connu. Ainsi, le premier jour des opérations militaires à Erevan,  une mobilisation informelle des hommes a été organisée, qui a fait des appels contenant une position anti-sacrificielle :  «Nous ne sommes pas un peuple de victimes, nous sommes un peuple des héros », «Sumgaït ne se reproduira plus». Il est intéressant de noter que lors des rassemblements organisés par les diasporas arméniennes dans différents pays, le sujet du «nouveau génocide» était beaucoup plus urgent qu’en Arménie. Cela est dû au fait que la plus grande partie de la diaspora arménienne a été formée à la suite du génocide dans l’Empire ottoman, et son existence est légitimée par la vitalité de ce métarécit.

En résumant le bref aperçu ci-dessus, nous pouvons dessiner la trajectoire principale du développement de l’information électronique, qui a provoqué une nouvelle poussée depuis plus d’un quart de siècle du stéréotype actuel de «la victime d’un nouveau génocide». Au cours des 25 dernières années (après la guerre du Haut-Karabagh), tout phénomène social ou politique menaçant l’existence des Arméniens en tant que nation est devenu d’une importance capitale et, par conséquent, le terme «victime du génocide» a souvent acquis une couleur nationaliste particulièrement prononcée. La vitalité de ce métarécit dépend beaucoup de la politique d’État de l’Arménie. De telles dates commémoratives comme le jour du souvenir du génocide arménien dans l’Empire ottoman (24 avril), le jour de la mémoire des pogroms dans la RSS d’Azerbaïdjan (Sumgaït, 27-29 février), le jour de la libération de la ville de Shushi (8-9 mai), etc. dicter des pratiques sociales qui, en règle générale, véhiculent l’idée de ce stéréotype. Pendant de tels événements, lorsque sur la place centrale de l’Arménie, le drapeau turc / azerbaïdjanais est brûlé par les partis et les mouvements nationalists, il y a un symbolisme national prononcé (Drapeau de l’Arménie, chansons militaro-patriotiques) et la propagande idéologique, sur les forums, l’activité des commentaires et des démotiveurs  de couleur nationaliste augmente. Tout ceci renforce le contraste entre «sien-étranger» et «victime-ennemi/meurtrier», ce qui à son tour stimule la cyclicité du stéréotype connu. C’est un processus dynamique, qui est activement rempli  de nouvelles significations et pratiques.


1.Барт Р., Избранные работы. Семиотика. М.: Прогресс. 1989.

2.Бергер П., Лукман Т., Социальное конструирование реальности // Трактат по социологии знания. М.: Медиум. 1995.

3.Гибель «срочника» Слояна: расправа исламистов в Нагорном Карабахе. EADaily. Режим доступа: https://eadaily.com/ru/news/2016/04/17/rasprava-islamistov-v-nagornom-karabahe. Дата публикации: 17.04.2016. Дата обращения: 18.04.2016.

4.Здравомыслов А., Цуциев А.,  Этничность и этническое насилие: противостояние теоретических парадигм.  Социологический журнал. 2003, № 3 стр. 20-50.

5.Кесаб напомнил о геноциде армян. Pravda.ru. Режим доступа: http://www.pravda.ru/world/asia/middleeast/03-04-2014/1203124-kesab-0/. Дата публикации: 03.04.2014. Дата обращения: 15.04.2016.

6.Кормина Ж. В., Штырков С. «Это наше исконно русское, и никуда нам от этого не деться»: предыстория постсоветской десекуляризации // Изобретение религии: десекуляризация в постсоветском контексте. СПб: Издательство Европейского университета в Санкт-Петербурге. 2015.

7.Кто сколько денег передал в НКР (список) ( арм.՝ Ով որքան գումար է փոխանցել ԼՂՀ-ին (ցանկ)). Режим доступа: http://168.am/2016/04/09/621270.html. Дата публикации: 09.04.2016. Дата обращения: 10.04.2016.

8.Нагорно-карабахский конфликт: армянское духовенство между крестом и оружием. Irates.am. Режим доступа: http://www.irates.am/hy/1464541574. Дата публикации: 29.05.2016. Дата обращения: 29.05.2016.

9.Смит Э., Национализм и модернизм:  Критический обзор теорий современных наций и национализма. М.: Праксис.  2004.

10.Шагоян Г., Армянский геноцид как метанарратив травматической памяти. К 101-летней годовщине армянского геноцида: тема без «исторических уроков»? Гефтер. Режим доступа http://gefter.ru/archive/18335. Дата публикации: 25.04.2016. Дата обращения: 26.04.2016.

11.Anderson Bendedict. Imagined Communities. London – New York: Verso, 2006. P. 32-33.

12.Billig M., Banal Nationalism. London: Sage, 1995. P. 93-127.

13.Hogg M. A., Abrams D., Social Identifications: A Social Psychology of Intergroup Relations and Group Processes. London: Rutledge, 1988.

14.Marutyan H. Iconography of Armenian Identity: The Memory of Genocide and the Karabagh Movement. Yerevan: « Gitutyun » Publishing House of the National Academy of Sciences, Republic of Armenia. 2009.

15.Schutz, A.& Luckmann, The Structures of the Life-World. London: 1974.

16.Stop Aliyev protest at Azerbaijani Embassy in Washington demands end to attacks on Nagorno Karabakh. Public radio of Armenia. URL: http://www.armradio.am/en/2016/04/11/stopaliyev-protest-at-azerbaijani-embassy-in-washington-demands-end-to-attacks-on-nagorno-karabakh/. 11.04.2016 / 12.04.2016.

17.William Faulkner. Requiem for a Nun. NY: Random House. 1951. Act I, Scene III.


[i] Барт Р. Избранные работы. Семиотика. М.: Прогресс. 1989.

[ii] Смит Э. Национализм и модернизм: Критический обзор теорий современных наций и национализма. Праксис. М.: 2004. С. 370.

[iii] Hogg M. A. & Abrams D. Social Identifications: A Social Psychology of Intergroup Relations and Group Processes. London: Rutledge. 1988.  P.19.

[iv] Здравомыслов А., Цуциев А. Этничность и этническое насилие: противостояние теоретических парадигм.  Социологический журнал. 2003, № 3 стр. 20-50.С. 23

[v]  Les arrestations massives des intellectuels arméniens, de militants religieux, économiques et politiques ont commencé à Constantinople le 24 avril, 1915. Le massacre et la déportation de la population arménienne de l’Arménie occidentale (Anatolie orientale), de la Cilicie et d’autres provinces de l’Empire ottoman furent menées par le gouvernement turc en 1915-1923.

[vi] Schutz, A. and Luckmann, Th. Structures of the Life-World. London 1974. P.4.

[vii] Шагоян Г. Армянский геноцид как метанарратив травматической памяти. К 101-летней годовщине армянского геноцида: тема без «исторических уроков»? Гефтер. http://gefter.ru/archive/18335 . La date de publication 25.04.2016. La date d’application ՝ 26.04.2016

[viii] Marutyan H. Iconography of Armenian Identity: The Memory of Genocide and the Karabagh Movement. Yerevan: « Gitutyun » Publishing House of the National Academy of Sciences, Republic of Armenia. 2009.

[ix] Արեան, Ս․ՊէտքէհասկնանքորՀրանդՏինքը «1.500.000 + 1» չէր․ 19․01․2014 / 27․10․2017․ URL: http://hetq.am/arm/news/32059/petq-e-hasknanq-or-hrand-tinqy-1500000—1-cher.html.

[x] Kessab a rappelé le génocide arménien. : Pravda.ru. http://www.pravda.ru/world/asia/middleeast/03-04-2014/1203124-kesab-0/ . La date de publication 03.04.2014. La date d’application 15.04.2016.

[xi] Billig  M. Banal Nationalism. London: Sage, 1995. P. 93-127.

[xii] William Faulkner. Requiem for a Nun. NY: Random House. 1951. Act I, Scene III.

[xiii] Le somme d’argent transferé à Haut-Karabagh (liste) 168 hoursnewsandanalysis. http://168.am/2016/04/09/621270.html : La date de publication 09.04.2016. la date d’application 15.04.2016.

[xiv] Stop Aliyev protest at Azerbaijani Embassy in Washington demands end to attacks on Nagorno Karabakh. Public radio of Armenia. URL: http://www.armradio.am/en/2016/04/11/stopaliyev-protest-at-azerbaijani-embassy-in-washington-demands-end-to-attacks-on-nagorno-karabakh/. 11.04.2016 / 12.04.2016.

[xv] Кормина Ж.В., Штырков С.А. Православные версии советского прошлого: политики памяти в ритуалах коммеморации // Антропология социальных перемен. Исследования по социально-культурной антропологии. // Под ред. Э. Гучинова, Г. Комарова. М. : Российская политическая энциклопедия (РОССПЭН), 2011.

[xvi] Кормина Ж. В., Штырков С. «Это наше исконно русское, и никуда нам от этого не деться»: предыстория постсоветской десекуляризации // Изобретение религии: десекуляризация в постсоветском контексте. СПб: Издательство Европейского университета в Санкт-Петербурге. 2015. С. 7-46.

[xvii] Гибель «срочника» Слояна: расправа исламистов в Нагорном Карабахе. EADaily. https://eadaily.com/ru/news/2016/04/17/rasprava-islamistov-v-nagornom-karabahe.

Date de publication՝ 17.04.2016.  Date de publication  18.04.2016.

[xviii] Нагорно-карабахский конфликт: армянское духовенство между крестом и оружием. Irates.am. http://www.irates.am/hy/1464541574 Date de publication 29.05.2016 . Date d’application ՝ 29.05.2016


Auteur: Eviya Hovhannisyan. © Tous droits réservés….

Traduit par Nelly Petrsoyan.


 

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