À la suite de la socialisation, une personne acquiert des connaissances, de l’expérience et des compétences qui favorisent son intégration dans la société, la compréhension des lois, des règles et des normes morales en vigueur. Bien que la socialisation se poursuive tout au long de la vie, néanmoins, elle est plus importante au premier stade de la vie, pendant l’enfance, car, en raison des particularités biologiques et génétiques, les impressions de l’enfant dans les premières années forment sa personnalité, son caractère, ses préférences et son comportement.
La socialisation s’effectue par l’intermédiaire de soi-disant agents (groupe d’âge, église, famille, école, etc.), mais face aux autres agents de socialisation, dans le monde moderne, la télévision est considérée comme la plus efficace dans la diffusion de certaines idées, connaissances et informations, car il est facile de maîtriser l’information par le biais de transmissions audiovisuelles. Les outils d’influence de la télévision représentent les programmes, les publicités, les actualités, les films et les dessins animés. Les dessins animés sont plus attrayants pour les enfants : ces derniers affectent la perception du monde de l’enfant, la formation des valeurs et le processus d’éducation.

Dessins animés et enfants

N’ayant passé que du temps dans une maternelle/école ou à la maison, la soif de connaissances de l’enfant n’est pas satisfaite. De plus, les enfants passent plus de temps devant la télévision que dans une de ces structures susmentionnées. Les recherches[i] des professeurs de l’Université du Michigan, Kayla Broys et Brad Bushman, ont constaté que :

  • Les enfants âgés de 2 à 5 ans regardent 32 heures de dessin animé par semaine,
  • Ceux de 6 à 11 ans dépensent 28 heures,
  • 71% des enfants âgés de 8 à 18 ans ont un téléviseur séparé,
  • 53% des enfants âgés de 7 à 12 ans regardent la télévision sans surveillance parentale.

Le professeur de la même université, Sharmin, affirme dans ses recherches que les enfants sont davantage attirés par les dessins animés que par l’apprentissage d’outils académiques traditionnels, dont la raison réside dans des scénarios de dessins animés intéressants, des effets audiovisuels et des solutions de couleurs. Les scientifiques ont prouvé que les enfants apprennent non seulement des dessins animés, mais grâce à leurs capacités cognitives, mémorisent et imitent le comportement des personnages de ces derniers.
Les enfants les plus jeunes n’ont pas encore assez de compétences pour évaluer les actions des héros principaux du dessin animé qui deviennent, à leur tour, des réalités énigmatiques pour eux. Le rôle des parents est important ici dans la mesure où ils peuvent prévenir les conséquences négatives, en expliquant aux enfants les effets de telle ou telle action.
À la suite d’une enquête menée auprès de 47 enfants et de leurs parents dans l’une des écoles russes, 56% des répondants préfèrent les dessins animés étrangers, 14 préfèrent les dessins animés russes et 30% aiment les deux.  33% des parents limitent le choix des enfants concernant les dessins animés, 67% ne le font pas. Les héros préférés de 41% des enfants étaient les tortues Ninja, les Transformers, les fées de Winx, 39% ont préféré la petite sirène, 12% Spong-Bob, 6% Luntik, 2% ont préféré les héros des dessins animés soviétiques.

L’influence des dessins animés sur le développement de l’enfant

Les scientifiques partagent l’opinion selon laquelle les dessins animés laissent un impact positif ou négatif sur les enfants.

Influence positive. Parmi les effets positifs, les scientifiques distinguent le rôle d’appui du dessin animé quant à l’éducation des enfants, aux informations supplémentaires sur le monde et à l’organisation des divertissements intéressants. Les dessins animés enseignent aux enfants les règles de comportement dans la société (respect des adultes, travail d’équipe, etc.), ils enrichissent le vocabulaire (en regardant un dessin animé dans une langue étrangère, un enfant peut aussi maîtriser cette langue), aident à découvrir le monde / Dora-voyageur, Le Laboratoire de Dexter/. La plupart des personnages de dessins animés ont une mode de vie sains, possèdent de nombreuses caractéristiques positives que les enfants aiment imiter.

Influence négative. Des recherches supplémentaires ont été menées pour clarifier les effets négatifs des dessins animés sur le comportement des enfants. Les scientifiques soulignent principalement les problèmes de santé, le comportement sévère et les symptômes de sexualité chez les enfants. En 1997, 653 enfants ont été hospitalisés au Japon en cause de crises d’épilepsie, dont la raison était, selon les études suivantes, l’explosion bleue et rouge du 38ème épisode de « Pokémon » que tous les enfants l’avaient regardé ce jour-là. Plus tard, cet épisode a été interdit par le gouvernement japonais et n’a jamais été retourné.

Les experts de l’Académie américaine de pédiatrie ont constaté que les enfants qui regardent les dessins animés cruels deviennent agressifs, désobéissants, brutals et en colère. Les dessins animés aident les enfants à développer leur imagination, par contre, son impact négatif peut être le fait, que les enfants peuvent rester trop longtemps dans ce monde imaginaire.

Huysman, le professeur de l’université du Michigan, note que la présence des scènes violentes dans les dessins animés crée des difficultés pour les enfants à comprendre l’action et ses conséquences : par exemple, lorsqu’un objet lourd tombe sur la tête du héros, la scène fait rire et le héros n’est pas blessé et lorsque l’enfant le voit, il perd progressivement le lien entre action-résultat (par exemple, Tom et Jerry, Teenage Mutant Ninja Turtles).

Dessin animé en tant qu’un moyen de diffusion des valeurs

Comme tout produit audiovisuel, les dessins animés peuvent également être utilisés pour diffuser des valeurs. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les parties belligérantes ont activement utilisé tous les moyens de propagande, y compris les dessins animés. Par ordre du gouvernement américain, les animateurs de dessins animés Walt Disney ont créé 32 dessins animés antinazis (les plus célèbres sont « Education for death. The Making of the Nazi ». 1943 (Éducation à la mort) et « Le visage du Führer »,1943 qui a reçu le prix d’Oscar). Les thèmes principaux des courts métrages d’animation en couleurs étaient l’idée de créer une image de l’ennemi, de payer les taxes à temps et de faire les investissements nécessaires dans l’armée. Les dessins animés de Disney ont ensuite été tournés pour toute la famille ainsi que dans les cinémas, avant le film.

Un dessin animé anti-américain a été tourné au Japon avec Mickey Mouse, en 1936. Toute information contraire à l’idéologie nazie était interdite à l’époque de l’Allemagne nazie, y compris les dessins animés de Disney. Le dessin de propagande le plus célèbre d’Allemagne à cette époque était la « Princesse endormie », où la méchante sorcière était la démocratie, la princesse endormie représentait l’Allemagne et le prince était Adolf Hitler. Le dessin animé le plus réussi de la cinématographie soviétique est le « Millionnaire » (1963), ayant pour but de montrer les différences entre le capitalisme et le socialisme pendant la guerre froide.

Dans le monde moderne, les dessins animés hésitent de propagander la guerre, par contre, certains représentent un moyen de diffusion des valeurs et des idées humanistes. Selon les journalistes et les critiques de cinéma, les meilleurs dessins animés de cette mission sont : « Trouver Némo » (2003), « Zootopie » (2016), « Trouver Dorie » (2016). « Trouver Némo » et « Trouver Dorie » montrent les relations entre les personnes handicapées (en exemple de poisson) et la société. « Zootopie » a été tourné pendant la crise des réfugiés et l’idée principale est de créer une société xénophile et antiraciste.

Walt Disney et le féminisme[ii]

Selon la psychologie sociale, le genre humain, dans les processus de la socialisation, est façonné, dès le plus jeune âge, par les perceptions de rôle des femmes et des hommes. Les scientifiques appellent ce phénomène une socialisation distinctive.

Disney était souvent accusé de diffuser des idées antiféministes, la principale cible des critiques était la série de dessins animés la plus célèbre de Disney, « Princesses de Disney ». Pendant les années 1939-1959, les princesses de Disney ne se distinguaient pas par leur individualisme, sauf que toutes étaient jolies, avaient une belle voix et étaient de bonnes femmes de ménage. À cette époque, les femmes blanches avaient obtenu leur droit électoral, mais leur rôle dans la société n’avait pas beaucoup changé. Les héroïnes  de « Blanche-Neige et les Sept Nains » (1937), « La Cendrillon » (1950) et  « Princesse endormie » (1959) sont des princesses passives qui ne sont impliquées dans aucune action active et sont finalement sauvés par les princes.

Une nouvelle saison de Disney débute par « La Petite Sirène » (1989) qui a duré de 1989 à 1998. Cette période peut être conditionnellement appelée « les filles en difficulté » (« La Petite Sirène » (1989), « La belle et la bête » (1991), « Aladdin » (1992), « Pocahontas » (1995) et « Mulan » (1998)). L’individualité des héroïnes de ces dessins animés de cette période est bien soulignée, elles ont leurs propres rêves et aspirations, mais tombent toujours dans des ennuis dus à leur propre aventure.

Belle, l’héroïne du dessin animé « La belle et la bête » (1991), n’est pas une princesse, son histoire d’amour avec le monstre concerne la beauté intérieure. « Mulan » (1998) est le dessin animé le plus féministe de cette époque : l’héroïne va à l’armée chinoise pour sauver l’honneur de son père, mais elle doit faire semblant d’être un homme.

La période pro-féministe de Disney a commencé avec le dessin animé « Princesse et grenouille » en 2009. Certes, il y a des relations amoureuses dans les dessins animés « Princesse et grenouille » et « Raiponce » (2010), mais les héroïnes ont une personnalité brillante et elles sauvent les hommes à plusieurs reprises. Les dessins animés « Rebelle » (2012), « La reine des neiges » (2013) et « Moana » (2016) se concentrent sur l’amour de la famille, les relations avec le père, la mère, les frères et les sœurs de la fille.

 Dessins animés soviétiques, russes et arménienns

Les dessins animés de l’époque soviétique (Союзмультфильм) étaient populaires dans toute l’Union soviétique et hors de ses frontières. Même après l’effondrement de l’URSS, ces dessins animés conservaient leur réputation dans les anciens pays soviétiques. Selon l’idée reçue, les dessins animés soviétiques enseignent aux enfants la bonté, l’amitié, la diligence etc. Cependant, le tournage de certains nombres de dessins animés soviétiques tels que « Cheburashka et Gena le crocodile », « Attends un peu ! » « Karlsson sur le toit », « Le Hérisson dans le brouillard », était interdit en Russie en 2015. La raison de l’interdiction des dessins animés est principalement la propagande de mode de vie inapproprié.

Les dessins animés russes les plus populaires en Russie sont les séries sur : « Macha et l’ours », « Fixiki », « Trois chats », « Les Musiciens de Brême » et les géants russes (Bogatyr). Le dessin animé « Macha et l’ours » a causé une certaine inquiétude aux pédopsychiatres car l’héroïne principale n’enseigne rien de positif. Et selon les experts, les dessins animés sur les géants sont conçus plutôt pour les adultes.

Les majorités des dessins animés arméniens filmés à l’époque soviétique et après l’indépendance sont basés sur des contes, des fables et des récits arméniens. Les plus aimés sont : « Rêve retrouvé », « Nazar le Brave », « La mort de Kikos », « David de Sasun » (Sasuntsi David)  et « Anahit » sorti récemment. Le dessin animé « Anahit » a été tourné sur la base du même conte, cependant, comme la série des géants russes, celui-ci a également des motifs modernes. Cependant, les statistiques montrent que les enfants arméniens préfèrent surtout les dessins animés étrangers.

Disney est l’un des grands producteurs de dessins animés : ces courts métrages d’animation et ces longs métrages d’animation sont recherchés pour les enfants, de sorte que leur impact sur le rôle social des enfants est assez élevé.

Les dessins animés constituent une partie importante des activités de loisirs des enfants et affectent leur conception humaine. Pour protéger les enfants des effets négatifs des dessins animés, il est conseillé aux parents de prêter plus d’attention aux dessins animés que leurs enfants regardent, combien d’heures ils passent devant les écrans et qu’elle est la limite d’âge du dessin animé.


[i]   La recherche concerne les pays développés et en développement

[ii] Il est intéressant, que le nom du serviteur du héros maléfique principal est Enver. 


  1. Հայկական մուլտերը դժվար հասկանալի են, http://www.aravot.am/2009/05/26/360207/

« Finding Dory » shatters stereotypes about disabilities, http://www.cbsnews.com/news/finding-dory-shatters-stereotypes-about-disabilities-with-empowering-characters/

  1. 10 Disney Propaganda cartoons from World War ll, http://listverse.com/2017/02/05/10-disney-propaganda-cartoons-from-world-war-ii/
  2. A cartoon gateway to real world issues, https://www.theatlantic.com/education/archive/2016/12/a-cartoon-opening-to-real-world-topics/511514/
  3. Baran S., Davis D., (2009) Mass Communication Theory: Foundations, Ferment, and Future
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  6. Feminisney: When Disney Meets Feminism, http://www.huffingtonpost.com/sean-randall/feminisney-when-disney-me_b_10634040.html
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  9. Jensen, E. (1998) Teaching with the Brain in Mind. Association for Supervision and Curriculum Development, Alexandria.
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  12. Septiadi (2007) Televisi dan Parubahan. Unmuh Press, Surakarta.
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  14. The evolution of feminism in Disney princess films, https://moviepilot.com/posts/4036071
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  16. Гендерная психология. Законы мужского и женского поведения http://bookap.info/popular/burn/glshtm.
  17. Дети и интернет,http://www.greenmama.ru/nid/3095862/
  18. 10 Советских мультфильмов под запретом, https://miridei.com/idei-dosuga/kakoi-film-posmotret/neveroyatno_eti_10_sovetskih_multfilmov_pod_zapretom/
  19. Как советские мультфильмы влияют на детей, www.cartoondistrict.com/effect-of-cartoons-on-childrens-mind/
  20. Современные российские мультфильмы — традиция или угроза?, https://www.oum.ru/literature/roditelyam-o-detyah/sovremennye-rossiyskie-multfilmy-tradiciya-ili-ugroza/


Auteur : Tatev Derzyan © Tous droits réservés.
Traduit par Shushanik Makaryan


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